Oeuvres

Des séries abstraites où la surface garde la mémoire du geste

Les oeuvres se déploient par familles. Chacune explore une tension différente : le silence, le pli, la cartographie, la nuit minérale ou la suspension.

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Strates de silence

Cette série travaille la profondeur par superposition. Les couches claires ne cherchent pas à masquer les couches sombres : elles les retiennent, les filtrent, les laissent remonter par endroits. Les rouges et les noirs donnent une structure ferme, tandis que les blancs cassés créent des zones de repos.

Le silence évoqué par la série n'est pas une absence. C'est une manière de concentrer l'attention. Les oeuvres ne disent pas tout de suite ce qu'elles contiennent. Elles proposent une présence lente, presque méditative, qui se révèle dans les détails.

02

Papiers en tension

Le papier devient ici un matériau actif. Froissé, plié, collé ou posé en léger relief, il modifie la lecture de la surface. La peinture n'est plus seulement plane : elle accroche la lumière, produit des ombres, crée un passage entre image et objet.

Cette série interroge la fragilité. Les papiers semblent parfois prêts à se détacher, mais ils tiennent. Leur vulnérabilité apparente donne aux compositions une tension physique, plus proche du corps que du décor.

03

Cartographies intérieures

Ces oeuvres évoquent des territoires sans les représenter. On peut y lire des lignes de faille, des masses, des passages, des zones ouvertes. Rien n'est nommé, mais l'ensemble suggère une géographie intime, faite de déplacements et de points de friction.

Les formes semblent parfois vues d'en haut, parfois de très près. Cette ambiguïté d'échelle donne à la série une richesse particulière : la surface peut devenir paysage, fragment, mémoire ou coupe géologique.

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Nocturnes minérales

Plus sombres, ces pièces travaillent la densité du noir et des verts profonds. Les touches dorées ou ocres apparaissent comme des éclats retenus, jamais décoratifs. Elles agissent comme des points de chaleur dans une matière froide.

La série donne une place importante aux textures mates. Les surfaces absorbent la lumière plutôt qu'elles ne la renvoient. Ce choix produit une sensation de profondeur calme et contenue.

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Fragments suspendus

Cette famille rassemble les recherches les plus proches de l'installation. Des formes légères, parfois issues de papiers d'essai, sont isolées puis mises en relation avec une peinture ou un mur. Le fragment devient une pièce à part entière.

Le regard circule alors entre le support, l'ombre et le volume. L'oeuvre n'est plus seulement devant le visiteur : elle occupe un espace, même réduit, et invite à changer de position.

Les séries ne sont pas des catégories fermées. Elles fonctionnent comme des familles, avec des passages, des reprises et des écarts.

Comment lire les séries

Les oeuvres gagnent à être regardées par allers-retours. Une première lecture permet de saisir la composition générale : une masse sombre, une zone de repos, une diagonale, un contraste. La seconde lecture s'intéresse aux détails plus fragiles, là où la surface révèle ses accidents et ses hésitations.

Cette double approche donne aux séries leur cohérence. Les pièces ne cherchent pas toutes la même intensité. Certaines sont frontales, presque architecturales. D'autres fonctionnent par retrait, par effacement, par présence basse. Ensemble, elles construisent un vocabulaire où chaque oeuvre modifie légèrement la lecture de la suivante.

Il est aussi possible de lire les séries comme des variations sur la distance. Certaines compositions se comprennent de loin, par leur structure. D'autres demandent de s'approcher pour percevoir les grains, les bords de papier, les transparences et les reprises. Le site reprend cette logique en donnant à chaque famille un espace de description précis.